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La végétation urbaine de Paul Jovet

La contribution particulière de Paul Jovet à la connaissance de la végétation urbaine repose indéniablement sur ses efforts de conceptualisation des notions écologiques sur cette flore introduite qualifiée «d'adventice » et de ces efforts d'herborisation et de systématisation (plus de 60 000 planches d'herbier).

L'idée d'appliquer à « la végétation des milieux urba ins, les concepts de l'écologie végétale pourrait sembler insolite à première vue », disait-t-il.

Pourtant, Paul Jovet y voyait là un grand intérêt scientifique : « nous espérons montrer que la présence, la persistance, la disparition, le rassemblement des plantes et l'évolution de leur groupement posent, dans Paris même, de multiples problèmes au phytosociologue et à l'écologiste » (p. 76).

Il développa une terminologie toute particulière associée à cette flore rudérale : climax anthropique, ormaie subrudérale, végétation inféodée, etc.

Cette préoccupation de mieux définir la flore urbaine nous ramène au thème majeur du livre qui porte essentiellement sur la nature en ville.

Il y a bien entendu cette nature maîtrisée et qu'on cherche à confiner dans les parcs et les jardins d'ornement, mais il y a surtout l'autre, celle des espaces libres et qui se reproduit spontanément.

L'une et l' autre constituent à leur manière des îlots de verdure, parsemés ici et là dans la trame urbaine, et toutes deux participent à la diversité floristique  de la ville.