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La gestion des serres

Interview de Cyril Vaillant, rencontré dans les serres dont il s’occupe, au lycée hoticole et paysager Saint-Antione à Marcoussis.

« Lors de mon arrivé, la gestion des serres se faisait de façon entièrement conventionnelle ; des produits fongiques étaient appliqués sur les plantes en général 4 à 5 fois par an, et des insecticides 3 à 4 fois par an.

Puis, les choses ont évoluées en faveur de mesures environnementales meilleures. Ces dernières années, il y a eu une période intermédiaire lors de laquelle nous appliquions beaucoup moins de traitements sur les plantes. L’an passé, au total, seul 2 fongicides et 2 insecticides ont été utilisés. Cela correspond à une diminution de 50% des produits utilisés.

Cette année, c’est encore mieux car pour le moment, nous n’avons encore rien mis, ni fongicide, ni insecticide.  En compensation, d’autres moyens sont développés. Pour remplacer les insecticides, nous utilisons des auxiliaires de culture. Ce sont des insectes prédateurs d’autres organismes ravageurs de cultures.

La limitation de développement des champignons sur les plantes se fait par un arrosage de façon minutieuse. L’eau dispersée en grande quantité, associée à la chaleur des serres, créer un milieu humide favorable à la sporulation des champignons, d’où la nécessité d’un arrosage précis. Mais, cette technique nécessite de consacrer entre 4 et 6 heures de travail par jour rien que pour l’arrosage des plantes. Cette nouvelle technique, mise en place cette année suite au recrutement d’une personne dans l’équipe, ne consomme pas plus d’eau. Avant, l’eau était apportée en grande quantité de la même façon à toutes les plantes, alors que maintenant, l’eau est mise uniquement là où elle doit-être, en réfléchissant exactement aux besoins de chaque plante.

Cette année,  d’autres facteurs « accidentels » nous ont également permis d’effectuer des actions en faveur de l’environnement. Au cours du mois de mai, il y a eu beaucoup de ponts, et donc beaucoup moins de débroussaillage. Un couple de perdrix a pu venir s’installer aux abords de la serre ! Alors maintenant, une réflexion est menée pour peut-être envisager du fauchage sur certaines zones plutôt que de faire tondre l’ensemble des pelouses aux étudiants toutes les 1 à 2 semaines comme c’est le cas actuellement.

Sinon, notre point faible à la serre c’est l’apport en engrais. On les utilise toujours de manière conventionnelle, mais en horticulture, il est difficile de faire autrement. Les amendements de matière organique sont beaucoup moins précis et beaucoup moins bien dosé que ce que nous faisons actuellement. Avec une technique conventionnelle, on maitrise mieux l’apport nécessaire aux plantes pour ne mettre que ce qui est utile. Une surdose en engrais engendrerait une cascade d’utilisation de produits. En effet, les engrais, en permettant aux plantes de mieux pousser, les rendent turgescentes et appétentes pour les insectes. Face à ça, nous serions contraints de mettre encore plus d’insecticides.

Mais sur ce point, cette année encore nous avons une année clémente… »