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Les quatre étoiles du patrimoine rural

Depuis l'après-guerre, l'agriculture et la forêt ne peuvent plus à elles seules faire vivre les campagnes québécoises. Bien que l'agriculture y demeure une activité essentielle, le monde rural regroupe maintenant sur un immense territoire des activités humaines et économiques qui le modifient.

De plus en plus, ce milieu constitue une solution de rechange à la ville et une voie d'évitement à la « mondialisation ». Les villages  modernes mettent à profit aussi bien les nouvelles technologies que leur patrimoine pour forger un cadre de vie dynamique et authentique.

On peut identifier quatre types de patrimoine à l'intérieur du patrimoine rural, soit le patrimoine naturel, le patrimoine bâti, le patrimoine vivant et, finalement, le patrimoine gastronomique.(...)

La campagne québécoise possède un grand potentiel patrimonial capable de répondre à un besoin croissant d'authenticité devant le pouvoir d'uniformisation de la culture de masse. 

Les activités liées à  l'exploitation des ressources naturelles menacent évidemment ce patrimoine. Pour assurer sa protection au jour d'aujourd'hui, et puisqu'il faut ordonner les urgences, je crois qu'il faudrait viser deux cibles : le fleuve et la "biodiversité".

Le fleuve parce qu'il est la colonne vertébrale du corps collectif et l'âme du paysage québécois. La biodiversité parce que nous devons assumer nos responsabilités en tant qu'héritiers d'une faune et d'une flore, sauvages et domestiques, d'une grande variété.

En outre, protéger la biodiversité, c'est déjà investir dans les marchés de demain, notamment en agriculture.

Par exemple, le retour à la basse-cour de la poule Chantecler, une pondeuse à  la chair savoureuse issue des croisements effectués au défunt institut agricole d'Oka, nous assure que dans une ou deux générations, quand l'uniformité aura dévoré le goût de toute chose, le Québec pourra offrir la saveur, entre autrres aux Américains.

Pour les Européens, il faut maintenant reboiser nos forêts avec des espèces nobles comme le chêne, le pin blanc ou l'orme en y ajoutant ça et là, pour les marchés locaux, des arbres fruitiers anciens.

Le patrimoine bâti, c'est à la fois l'architecture et l'aménagement. Un village n'est pas une petite ville. Et comme le Québec rural a longtemps été plus populeux que le Québec urbain, là se retrouvent les plus beaux legs du patrimoine bâti.